
Le temps passe, le souvenir reste.
Le temps passe, le souvenir reste… encore faut-il le ranimer de temps à autre. Pour ne pas oublier les soldats et les périodes affreuses des guerres de 1914-18 ou 1939-45, nous avons les journées du 8 mai et du 11 novembre. La défaite de 1870-71 est oubliée et les batailles napoléoniennes sont totalement sorties de notre mémoire.
Or ces guerres, dites napoléoniennes, ont déchiré l'Europe de 1800 à 1815 et ces grandes batailles qui opposaient des dizaines de milliers de soldats étaient de fantastiques morceaux de bravoure. Oubliés, tous ces valeureux grenadiers et grognards, oubliés mais peut-être pas tout à fait. Je vais essayer de faire remonter jusqu'à nous, le souvenir de l'un d'entre eux : Jacques GLADELLE, né à Berviller en 1773 et décédé en 1860.
Sur l'un des monuments funéraires, parmi une centaine d'autres de l'ancien cimetière communal, situé autour de l'église paroissiale jusqu'en 1972, était apposé une plaque sur laquelle on pouvait lire : Ici reposent JACQ. GLADELLE * 1773 + 1860 CHEVALIER DE LA LÉGION D'HONNEUR… (Le monument funéraire et cette plaque ont été conservés par la famille.)
Chevalier de la légion d'honneur
En cherchant sur internet, on peut trouver : Gladel (Jacques) - Sergent : Fusil d'Honneur ; 15 Septembre 1801. (Remarque : Gladelle est devenu Gladel). " Cette arme, garnie en argent, portait une inscription nominative et leur attribution donnait droit à une haute paie. Leur nature dépendait du grade du récipiendaire et de l'arme dans laquelle il combattait. Les grenadiers et soldats reçurent des fusils d'honneur… Le 15 juillet 1804, l'Empereur procéda à la première distribution de la Légion d'honneur dans la chapelle des Invalides au cours d'une fastueuse cérémonie officielle. La deuxième cérémonie fut plus particulièrement destinée aux militaires titulaires d'armes d'honneur qui attendaient leurs insignes depuis plus d'un an ; ils reçurent leur décoration au camp de Boulogne, quartier général de l'armée des Côtes groupée en vue d'un débarquement en Angleterre, au milieu d'un extraordinaire déploiement de forces et selon un cérémonial fastueux. "
Pour quels faits, le sergent Jacques Gladel a-t-il donc reçu la légion d'honneur ?
Pourquoi la légion d'honneur ?
Pour quels faits, le sergent Jacques Gladel a-t-il donc reçu la légion d'honneur ? Toujours après de longues recherches sur internet, j'ai trouvé dans le livre : LES FASTES DE LA GLOIRE ou LES BRAVES RECOMMANDÉS À LA POSTÉRITÉ (Monument élevé aux Défenseurs de la Patrie par une société de Lettres et de Militaires), l'extrait suivant : " Le sergent Gludel (Jacques), né dans le département de la Moselle, avec quatre de ses camarades ; Dupont (Jean-Baptiste), caporal de grenadiers, né dans le département du Pas-de-Calais ; Turc (Augustin), grenadier, né dans le département du Nord ; Febvre (Nicolas), fusilier, né dans le département de la Haute-Marne, et Lerondeau (Jean-Martial), idem, né dans le département d'Eure et Loire, se trouvant enveloppé par un escadron de cavalerie autrichienne, se fit jour à la baïonnette, le mit en déroute, et prouva par cet acte d'intrépidité que le nombre ne peut rien contre le courage. " (Remarquez que cette fois Gladel est devenu Gludel.)
La plaque de fusil
Les armes d'honneur étaient accompagnées d'un brevet et tous leurs récipiendaires pouvaient porter sur la crosse de leur fusil, une plaque portant leur nom et leurs faits d'armes. Cette plaque de crosse est également en possession de la famille. Voici ce qu'on peut y lire : " Le Premier Consul au Citoyen GLUDEL, sergent de la 22ème demi brigade de ligne. Détaché en tirailleur avec 4 de ses camarades et pressé par un parti de cavalerie ennemie, ils firent si bonne contenance qu'ils le forcèrent à se retirer. Bataille de Marengo. "
Le sergent Gladel est revenu dans ses foyers à Berviller où il s'est marié en 1805 avec Guersing Catherine avec laquelle il a eu 8 enfants. Il était l'arrière, arrière, arrière grand-père de madame Marinette Schmitt née Schun.