Randonnée européenne du GIP INTERREG sur le chemin de la frontière

Le GIP INTERREG (Groupement d’Intérêt Public), créé en 2004, gère un programme qui vise à renforcer la coopération transfrontalière par la réalisation de projets locaux et régionaux.

Dimanche 28 septembre, par une merveilleuse journée ensoleillée, le GIP INTERREG fête ses 10 ans par une randonnée transfrontalière sur le «Chemin de la frontière » entre Berus et Berviller. L’ensemble de la manifestation est organisée de main de maître par Mme Frédérique Seidel, directrice.

Dès 10 heures du matin, plus de 160 inscrits à la randonnée, se sont retrouvés sur les hauteurs de Berus, au pied du monument des grands Européens. En attendant l’heure du départ, on pouvait visiter une exposition, sous chapiteau, des projets INTERREG cofinancés par l’Union Européenne. Du haut de la plate-forme du monument, M. Jean Schuler, président du GIP INTERREG et conseiller général, M. Bernd Gillo, maire de Überherrn, M.Christophe Leblanc, directeur du GECT INTERREG et représentant du Préfet, M. Kurt Schönen, président de l’association du monument de l’Europe de Berus et Clément Larcher ont adressé, dans leurs allocutions, leurs souhaits de bienvenue et d’amitié transfrontalière.

Tous ensemble, munis d’un « quizz randonnée européenne sur le chemin de la frontière » les marcheurs se sont mis en chemin, à travers les anciennes carrières de pierres calcaires, vers Berviller. Ils auront à répondre à 13 questions dont ils découvriront les solutions tout au long du chemin. Sur la frontière qui n’en est plus une aujourd’hui, M. Roth, du cercle des amis de Berviller et Berus, avait prévu une dégustation de jus de pomme qui a permis à chacun de se désaltérer. Vers midi, les randonneurs arrivent à Berviller où une tente avait été dressée dans la cour de l’école. Le soleil avait donné soif à grands et petits , mais tout avait été prévu pour la calmer.

Mais avant de souhaiter un « bon appétit » à tous, M. Jean Schuler a remercié tous les acteurs ayant œuvré à la réussite de la manifestation. M. Jo Leinen, député européen issu de Bisten en Sarre et Mme Christine Thiel, maire de Berviller, ont insisté tous deux sur l’importance de l’amitié transfrontalière entre les habitants de nos villages. « Nous devons être un exemple pour toute l’Europe ».
Les effluves des saucisses, de la viande et des brochettes de légumes aiguisaient les papilles. Tous les marcheurs ont pu se rassasier avec un succulent repas offert par GIP INTERREG et concocté par un traiteur allemand. Buffet froid de salades, buffet chaud de grillades, vins et dessert, rien n’a manqué.

Dès 14h30, toute la troupe a repris le chemin du retour vers Berus par la chapelle Sainte Oranne. À l’arrivée, les questionnaires soigneusement remplis, ont été collectés et corrigés. Une demi-douzaine de gagnants ont été tirés au sort parmi les bonnes réponses. Après le discours de clôture et les derniers remerciements du président Jean Schuler, une multitude de ballons blancs s’est envolée vers le ciel pour le 10ème anniversaire du GIP INTERREG et sous les applaudissements de tous les participants.





La nature et la géographie ne connaissent pas de frontières. Cela est aussi valable pour le vieux chemin frontalier entre Bervîller-en-Moselle et Überherrn/Berus. A Berviller, le départ du circuit est la mairie. Quel que soit le sens que vous choisissez pour votre randonnée, le vieux chemin de la frontière présente des perspectives intéressantes, aussi bien concernant le paysage que les idées.

 partir des hauteurs, vous profitez d'une vue superbe sur la vallée de la Sarre et sur l'étendue du Pays lorrain. Dans l'ancienne carrière de pierres calcaires, vous traversez un site naturel protégé qui est en même temps un témoignage du patrimoine industriel sarro-lorrain. Ainsi, le chemin de la frontière offre aux visiteurs de nombreuses curiosités.

Des frontières comme signes de la séparation, vous n'en trouverez pas entre Berus et Berviller. Bien au contraire, grâce à leur histoire commune, les hommes qui y vivent sont étroitement liés par une amitié profonde. L'inscription sur la nouvelle borne est signe de cette amitié: "de moi à toi, à moi de toi".

Tous les jours, de nombreux habitants de la Lorraine et de la Sarre passent la frontière. Ce qui était inimaginable il n'y a pas si longtemps encore, est aujourd'hui un fait tout naturel.

C'est là que l'idée de l'Europe se fait voir et sentir, jour après jour, pour les autochtones aussi bien que pour les visiteurs. Au coeur de l'Europe, les communes de Berviller-en-Moselle et d'Uberherrn sont liées par une étroite amitié. Depuis longtemps, il n'existe plus de frontière. Elle est devenue ligne d'amitié et de paix entre les voisins des deux pays.

Lors de cette randonnée, le chemin de la frontière vous conduira à travers des paysages magnifiques, sans tenir compte des frontières nationales, bien qu'il soit en rapport permanent avec celles-ci. La frontière devient aussi un point de rencontre et souligne les profonds rapports amicaux entre les hommes vivant des deux côtés de la frontière. Les communes de Berviller-en-Moselle et d'Überherrn, deux partenaires qui vivent l'idée européenne, sont heureuses de vous accueillir et vous souhaitent une expérience frontalière agréable et permanente.

La mairie et l'église Saint-Fiacre (10)

Bâtiment construit à la fin du 19e siècle, l'ancien presbytère fut habité par de nombreux curés de la paroisse. Le dernier, l'Abbé Brunagel, partit de Berviller en 1969. C'est à ce moment-là que le Conseil Municipal de l'époque décida d'y installer la mairie, qui y fonctionne toujours.

L'église, construite en 1752, a été entièrement restaurée en 1995 par la commune de Berviller-en-Moselle avec l'aide financière du Conseil de Fabrique. Vous pouvez admirer, sur la façade extérieure, de beaux ornements architecturaux ainsi que de superbes vitraux, en grande partie offerts par des familles du village.
La porte d'entrée a été remplacée en 2001. En pénétrant dans l'église, vous serez spontanément séduit par la lumière et les reflets renvoyés par les vitraux, les teintes chaudes des murs, les stucs en formes et en couleurs, le chœur de l'église avec ses boiseries et ses nombreuses statues, notamment sainte Barbe, Jeanne d'Arc, sainte Thérèse, saint Fiacre, saint Sébastien et la Sainte Vierge. En tribune, au-dessus de l'entrée, l'orgue de
Dalstein-Haerpfer (installée en 1890), imposante par sa taille, est restée dans son état d'origine.
Le patron de Berviller est saint Fiacre. Ce moine irlandais vivait au 7e siècle dans la Brie. Patron des cultivateurs et des jardiniers, il est représenté par un jeune homme tenant une bêche. On retrouve, par ailleurs, une bêche d'or sur les armoiries de la commune de Berviller-en-Moselle.
En face de la mairie se trouvent la salle communale et l'école primaire;

Place Saint-Rémy (9)

Au cœur du village, l'ancienne place de la fontaine a toujours été le centre de vie de Berviller.
En 1862, il fut décidé de construire, sur cette place, une fontaine-lavoir, qui abreuva de son eau bêtes et gens pendant un siècle. C'est en 1963, lors de la mise en place de la canalisation d'eau potable que le génie rural ordonna la destruction de la fontaine-lavoir, ce qui suscita bien des réticences et des regrets.
En 2004, le Conseil Municipal décida de reproduire, bénévolement, la façade de l'ancien lavoir. La place fut réaménagée et modernisée. Depuis 1973, cette place porte le nom " Place St-Rémy " en souvenir du village St-Rémy-en-Montmorillon dans la Vienne où les habitants de Berviller furent exilés le 1er septembre 1939.
De la place, on aperçoit la Grotte de Berviller, dédiée à la Sainte Vierge, qui est un lieu de prières et de pèlerinages apprécié de tous. La commune ayant été épargnée lors de la guerre, il fut décidé, suivant un projet conçu par le curé Henri Brunagel et le maire Jean-Pierre Guersing, d'édifier une grotte. Ce fut chose faite, en 1952, grâce à la coopération de tous les habitants.

Ancien moulin à huile (8)

Le moulin à huile de Berviller fut construit en 1825 par Mathias Folschweiller et Maria Kuhn.
Certains amoureux de vieilles pierres admireront, sans doute, l'entrée de la maison, chapeautée d'un magnifique linteau. A l'époque, les meuniers étaient des gens aisés, conscients de leurs privilèges, qu'ils tenaient à afficher jusque dans la pierre.

L'huilier travaillait surtout en hiver et avait, autour de lui, plus d'oisifs que d'ouvriers. La grosse meule dressée tournait dans l'auge, broyant les
graines oléagineuses: colza, moutarde, faines, navettes et lin, mais surtout noix. De la presse coulait un flot doré d'huile chaude. On baignait dans une odeur forte et savoureuse. L'huile était destinée à l'utilisation culinaire et à l'éclairage. Les tourteaux servaient d'aliment pour le bétail.

Au 19e siècle, on comptait 300, voire 400 noyers dans les vergers de Berviller. Il doit en rester une trentaine de nos jours.

C'est après la dernière guerre que Victor Bur et son épouse Catherine Schmitt acquirent la bâtisse qui, depuis belle lurette, avait cessé toute activité huilière. Les actuels propriétaires sont, comme pour la chapelle St-Blaise, Gillette, la fille de Catherine Bur, connue à l'époque comme "Herrgottskathrin", et son mari Joseph.

Chapelle Saint Blaise (7)

   Blaise était un médecin fort renommé qui devint évêque de Sébaste en Arménie, où il mourut martyrisé vers l'an 316.
Par l'un de ses miracles, il sauva un jeune garçon qui avait avalé une arête de poisson, que personne ne parvenait à retirer. Depuis lors, on invoque saint Blaise pour les maladies de gorge. Blaise était aussi le médiateur des cas désespérés.

 
  En 1890, Jean Kaas, alors propriétaire des lieux, se blessa grièvement. Malgré les invocations faites à saint Blaise par sa femme Marie, Jean mourut quelques jours après son accident. La veuve, persuadée que le Saint avait sûrement sauvé l'âme de Jean, fit, comme promis, construire la chapelle, en 1894, par deux maçons de Berviller. Marie Kaas, connue à l'époque comme " Friedrichsmarie ", décéda en 1935.

 
 C'est après la Deuxième Guerre mondiale que la famille Bur acquit la propriété. Gérard, le fils de Catherine Bur, aidé de quelques bénévoles, restaura la chapelle en 1994 à l'occasion du centième anniversaire de sa construction et en fit un petit joyau architectural qui attire, aujourd'hui, des visiteurs de tous les horizons.

   Actuellement, Gillette, la fille de Catherine Bur, et son man Joseph habitent les lieux et entretiennent la propriété.

Vis-à-vis : Mains d'enfants dans le béton (6)

L'idée et la signification des empreintes des mains d'enfants dans les pavés intégrés dans le chemin ici même, du côté français, et " vis-à-vis ", du côté allemand, sont expliquées sur le tableau " vis-à-vis ", du côté allemand.

Voici les noms de tous les enfants ayant participé à ce projet et dont les empreintes se trouvent marquées à jamais dans le béton, de l'un et de l'autre côté de la frontière.

Borne de la voie ouverte (5)

C'est à cet endroit que fut tracée, en 1815, la frontière entre la France et l'Allemagne. Pourtant, malgré cette ligne de séparation, les liens familiaux et amicaux continuèrent d'exister. Bien que déchirés par les deux Guerres mondiales, ces liens furent renoués, en temps de paix, par les hommes vivant des deux côtés de la frontière.

C'est en souvenir de ces événements et à l'initiative de l'auteur et lauréat du prix culture du Landkreis Saarlouis, Gerhard Tanzer de Berus, que fut posée la Borne de la voie ouverte, contrairement aux emblèmes nationaux qui délimitaient autrefois la frontière. Elle fut inaugurée officiellement le 28 juillet 2000.

La pierre qui porte l'inscription " von mir zu dir - zu mir von dir " / " de moi à toi - à moi de toi" est l'expression et le symbole de l'entente cordiale entre les Allemands et les Français vivant à cette frontière. De nos jours, celle-ci n'évoque plus la séparation mais le lien entre des hommes qui se comprennent mutuellement, entre des villages qui ont une histoire commune. Elle nous dit qu'il existe une patrie commune des deux côtés de la frontière.


Nous remercions la Fondation pour la culture et l'environnement de la Kreissparkasse Saarlouis pour son aide financière ayant permis la réalisation et la pose de cette borne par l'entreprise "Natursteine Heiser " d'Überherrn.

Vis-à-vis : Mains d'enfants dans le béton (4)

Pour mettre en relief l'importance transfrontalière de ce chemin et pour symboliser l'amitié franco-allemande, Anni Kenn-Fontaine, artiste native de notre région, eut l'idée de réaliser son projet " Vis-à-vis", qui fut inauguré le 26 avril 2002.

Environ 250 élèves des écoles primaires St. Oranna d'Altforweiler et St. Oranna de Berus/Felsberg, du RPI de Berviller, Rémering et Villing ainsi que de l'école maternelle de Merten ont laissé les empreintes de leurs mains dans des pavés en béton encore frais. Les blocs colorés en bleu et jaune, couleurs de l'Europe, ont été répartis à parts égales pour être intégrés, en forme de bandes pavées, -une moitié du côté allemand, l'autre moitié du côté français de la frontière- dans le chemin, de manière à pouvoir marcher dessus. Ces bandes disposées en " vis-à-vis " invitent à passer " de l'autre côté" pour faire ressentir ainsi l'importance de ce chemin frontalier très ancien.

Vous lirez les noms des enfants, dont les empreintes resteront marquées à jamais dans le béton, sur le tableau suivant, " vis-à-vis", du côté français, à cent mètres d'ici.

Nous remercions l'entreprise de bâtiment Ehl d'Altforweiler, les services techniques de la commune d'Überherrn et les membres du Conseil Municipal de Berviller pour leur aide à la réalisation du projet " Vis-à-Vis ".

Chapelle Sainte Oranne (3)


La Chapelle Sainte Oranne est la sépulture d'Oranne, missionnaire en ces lieux au 7e siècle.

Lors de la christianisation à l'époque du haut Moyen Age, Oranne était arrivée, de sa patrie irlando-écossaise, dans la région de la Sarre où, vivant en ermite, elle propagea la foi nouvelle de l'évangile. Enterrée avec sa compagne Cyrille dans le même sarcophage, elle trouva son dernier repos à l'église paroissiale d'Eschweiler, village anciennement situé en ces lieux, lequel cependant avait été abandonné par ses habitants après sa destruction pendant les troubles des guerres du 14e siècle. L'église, seul édifice ayant échappé à la dévastation, resta perdant des siècles le centre religieux de la région.

Au cours de son histoire, l'église avec le tombeau de la sainte fut successivement transformée en la chapelle Sainte Oranne où sont toujours conservées les reliques de la sainte. Les vitraux avec leurs belles couleurs racontent la vie et les actes de l'Irlandaise.


Selon une tradition très ancienne, on implore le secours de la sainte pour être guéri des maladies de la tête.


La vénération particulière de Sainte Oranne, protectrice et patronne de la population limitrophe sarro-lorraine, se montre lors du pèlerinage traditionnel effectué par les habitants des villages environnants chaque année en septembre, le Jour de Sainte Oranne.

Emetteur Europe N°1 (2)

En 1954, on installa sur la hauteur nommée " Sauberg ", à 367 m d'altitude, le poste émetteur français Europe 1, lequel fut mis en service le 1er janvier 1955.

Cette station de radio privée, dont les studios se trouvent à Paris, diffuse avec une puissance de 2000 kW un programme radiophonique en langue française. Avec ses émissions, l'émetteur à grandes ondes (à la fréquence de 183 kHz) atteint des régions très lointaines du sud-ouest de l'Europe, bien au-delà du territoire de la France.

Le hall du poste émetteur, en forme de coquille, qui doit son aspect original à son plafond de béton armé précontraint et à sa façade entièrement en vitrage, était le premier bâtiment de ce type dans le monde (longueur : 82 m, largeur: 43 m, hauteur maximale: 16 rn). Grâce à son caractère unique, l'édifice a été classé monument protégé en 1999.

Dans la région Sarre-Lor-Lux, le poste émetteur d'Europe 1 impressionne déjà de loin ceux qui s'en approchent, effet qui est dû à la hauteur énorme de ses six pylônes métalliques peints en rouge et blanc, dont quatre, qui constituent l'antenne principale du poste, s'élèvent à une hauteur de 280 mètres . Deux autres, qui mesurent toujours 234 mètres chacun et qui sont placés à l'écart des pylônes principaux, font fonction d'antenne de réserve.

En 1959, le terrain de la station fut la scène d'un procédé sensationnel : Pour éviter le brouillage des fréquences, il fallait déplacer un pylône, tout en le gardant en sa position verticale, sur une distance de ·103 mètres. - Un exploit vraiment magistral de la technique !

D'ailleurs, par temps clair, on peut jouir à partir de ce lieu d'une vue superbe sur la vallée de la Sarre avec les alentours de Sarrelouis, ville fortifiée par le Roi Soleil Louis XIV.

La clinique de Berus, le restaurant Margaretenhof, la station météo de Berus

Pays lorrain (15)


Ici, près de Berus, sur les hauteurs sarro-lorraines traversées par la frontière, le spectateur peut découvrir une petite partie du pays lorrain avec les agglomérations de Merten au premier plan et Falck, à l'arrière plan. Dans le lointain, on voit les tours de réfrigération de la centrale d'électricité Emile Huchet de Carling et les forêts entourant Creutzwald.

La Lorraine, à l'origine appelée la Lotharingie d'après le nom de son premier duc, Lothaire II, constitue aujourd'hui une des régions de France. Elle comprend les départements des Vosges, de la Meuse, de la Meurthe-et-Moselle et de la Moselle. Coeur de l'Empire de Charlemagne (à partir de 855), elle devint plus tard duché indépendant pour être finalement incorporée, en 1766, dans le royaume de France.


Pays frontalier et intermédiaire et ainsi inévitablement impliqué dans les conflits franco-allemands des guerres de 1870/71 et des deux grandes Guerres mondiales (1914-1918 et 1939-1945), la région de la Lorraine est aujourd'hui, avec la Sarre, un des éléments constitutifs de l'amitié franco-allemande au coeur d'une Europe unie.


En signe de la réconciliation entre la France et l'Allemagne et comme symbole de la paix et de l'amitié fut érigé, en 1970, le monument des grands Européens. Ce monument, qui se trouve derrière vous, évoque, entre autres, le souvenir d'un «Lorrain» bien connu, le politique et homme d'Etat Robert Schuman, le « père de l'Europe ».

Le vieux téléphérique (14)

Après la reprise par les Aciéries Rochlinq de la carrière de pierres calcaires de Berus, on y installa un téléphérique. A quelques mètres d'ici, à l'endroit même où se trouve aujourd'hui le Monument de l'Europe, le téléphérique circulait entre la carrière et l'usine de chaux d'Überherrn.

Grâce à cette installation réalisée par l'entreprise Ernst Heckel de Sarrebruck, il n'était plus nécessaire de transporter les pierres à l'aide d'attelages de chevaux. Dès lors, les matériaux furent évacués par télébenne.

Sur un trajet d'environ 3 kilomètres, le téléphérique était supporté par 30 pylônes et se situait entre 8 et 18 mètres d'altitude. Roulant à une vitesse de 1,66 mètre par seconde, il pouvait transporter 50 tonnes par heure. La distance entre les bennes était de 80 mètres.

Lorsque le téléphérique passait au-dessus des routes, on construisait des ponts et on installait des filets de protection contre d'éventuelles chutes de pierres. L'arrêt d'autobus « Netz » (« Filet») à Bisten en est encore un souvenir.

Durant de nombreuses années, le téléphérique fut une installation technique importante de notre région frontalière. Les anciens des villages environnants se souviennent de quelques anecdotes : gramins, ils n'hésitaient pas à grimper sur les pylônes et à s'asseoir dans les bennes. En se balançant, ils faisaient un court voyage dans les airs qu'ils terminaient en sautant sur les pentes douces des hauteurs de Berus.

Après avoir servi pendant 36 ans, le téléphérique resta encore en place pendant une dizaine d'années, tout en étant hors fonction. Au début des années 60, il fut démonté par une entreprise française et vendu en Norvège. Le mur en béton, visible ici, soutenait la voie d'entrée principale de l'ancienne carrière. Il évoque l'ère du vieux téléphérique et les procédés de travail liés à l'extraction des matériaux.

Carrière de pierres calcaires Röchling (13)

Au début du siècle dernier, la consommation de chaux augmenta considérablement avec la croissance de l'industrie sidérurgique dans la région de la Sarre. L'approvisionnement en chaux de l'aciérie la plus importante de notre région, la "Völklinger Hütte", appartenant à la famille Röchling, provenait presque exclusivement de petites carrières de pierres calcaires de Lorraine. Or ces entreprises, situées très loin de leur clientèle, rapportaient de moins en moins à cause des conditions de transport défavorables.

A la recherche de sources d'approvisionnement moins coûteuses, la Völklinger Hütte acquit, en 1912, la carrière située ici même, alors exploitée par l'usine de chaux" Fischer & Co. " d'Überherrn. Après l'acquisition de la carrière, dont les vestiges sont toujours. visibles, et après l'agrandissement du terrain d'exploitation à une superficie totale de 50 hectares, l'entreprise Röchling installa une télébenne entre la carrière sur la montagne et l'usine de chaux d'Überherrn, dans la vallée, assurant ainsi son approvisionnement en chaux pour plusieurs décennies.

Le wagonnet exposé ici et qui servait autrefois au transport des pierres calcaires, évoque le dur labeur que représentait l'extraction des pierres. Il nous rappelle le grand nombre d'ouvriers domiciliés des deux côtés de la frontière qui avaient travaillé dans la vieille carrière durant de longues années, jusqu'à l'arrêt de l'exploitation de pierres calcaires à ciel ouvert de Berus, en 1950. Néanmoins, le four à chaux de l'usine d'Überherrn fonctionna encore pendant 11 ans, jusqu'en 1961, date de la cessation d'activité définitive de l'entreprise.

Les communes d'Überherrn et de Berviller remercient l'entreprise Zayer d'Überherrn d'avoir offert ce wagonnet. En tant que pièce originale, il est un témoignage précieux du patrimoine industriel de notre région frontalière. Nous remercions particulièrement la Saarstahl AG Völklingen et sa filiale BHSW Burbacher Stahl und Waggonbau GmbH pour leur aide généreuse apportée à la restauration difficile du wagonnet.

Les pyramides du Chemin de la Frontière

       Dans le site de la carrière de pierres calcaires Röchling, le long du chemin de la frontière, s'amoncelle un imposant tas de morceaux de plaques de béton. Celui-ci provient d'un batiment dans lequel les ouvriers se changeaient et se lavaient et qui a été démoli après l'abondon de la carrière. Les herbes, les mousses, les broussailles et les arbustes ont repris leur droit et ce tas de gravats était redevenu invisible.
       Un ancien de Berus, Engelbert Roth, ardent défenseur de l'amitié franco-allemande a eu l'idée d'entasser quelques unes de ces énormes plaques de béton sous la forme d'une pyramide. Ce travail a été réalisé par le personnel communal de Überherrn et leurs machines.
       Avec quelques membres du cercle d'amis de Berviller et Berus et l'Unimog de la commune de Berviller, un petit tas de pierres a été ramassé et déversé près de la pyramide. Le but étant de voir fleurir sur les étages de la pyramide des bonhommes de pierres construits par les enfants et les randonneurs. Et quelle ne fut pas notre surprise de constater que deux ou trois jours après, une multitude de petites constructions de pierres garnissaient la pyramide. Bravo Engelbert ! Le succès de ta pyramide nous dit que ton idée était bonne. 

Le site naturel protégé Beruser Kalksteinbruch (12)

Vous vous trouvez maintenant sur le terrain de l'ancienne carrière de pierres calcaires des Aciéries Röchling, encore exploitée pendant l'après-guerre. En 1983, le terrain «Beruser Kalksteinbruch» a été classé site naturel protégé par le Ministère de l'Environnement de la Sarre.

Premier site classé officiellement après l'intégration de la Sarre dans la république fédérale d'Allemagne (en 1957), il est destiné à la protection et à la conservation de la faune et de la flore typiques en ce lieu, telles que la pie-grièche rousse ou l'anacamptis pyramidalis de la famille des orchidées. Les différentes couches sédimentaires du calcaire coquiller, dégagées et ainsi rendues visibles dans les parois, représentent un monument de l'histoire géologique et culturelle et font penser en même temps à l'homme et à la nature.

Chers promeneurs et randonneurs ! Veuillez contribuer à la conservation et à la protection du site naturel « Beruser Kalksteinbruch ». Ne jetez pas d'ordures et ne quittez pas le sentier prévu, lequel vous mènera à d'autres tableaux explicatifs où vous trouverez des informations sur le dur travail d'autrefois dans les carrières. Merci beaucoup!

La Croix de Lorraine

Une modeste croix de Lorraine, symbole de l'amitié franco-allemande sur " le chemin de la frontière "

En parcourant le chemin de Saint Jacques de Compostelle avec son épouse, un pèlerin de Berus qui préfère garder l'anonymat, est tombé en arrêt devant le " Cruz de Ferro ", poteau en bois de 5 mètres de hauteur surmonté d'une croix de fer et émergeant d'un énorme tas de pierres. Chaque caillou, ramassé sur le chemin ou rapporté de chez lui, a été déposé là par un pèlerin qui se soulage par la même occasion de ses peines et de ses soucis.
Cette dépose symbolique de pierres au pied d'une croix a fait son chemin dans l'esprit de notre pèlerin et il a décidé de mettre son idée en pratique. Pour lui, le lieu d'implantation de la croix était tout trouvé : au bord du chemin de la frontière à son point culminant qui se trouve être exactement sur la frontière entre nos deux pays. Les randonneurs venant du côté français, déposeront des pierres ramassées sur le sol de France et les marcheurs venant du côté allemand y placeront des cailloux ramassés en terre allemande. Ainsi, ce tas de pierres qui grandira lentement, sera le symbole du développement de l'amitié franco-allemande.
Notre voyageur de Berus a présenté son projet à Monsieur Thomas Burg, Maire de Überherrn et celui-ci y a adhéré sans hésitation mais il a demandé que la croix au sommet du tronc soit une croix de lorraine. Celle-ci a été réalisée dans les ateliers communaux et mise en place par leurs services. Trois bénévoles de Berus et trois autres de Berviller ont profité du terrassement des éoliennes pour récupérer les grosses pierres qui entourent le site qui formera une station supplémentaire sur le chemin de la frontière.

La barrière de la frontière ouverte

Sur les hauteurs de Berviller, le chemin de la frontière, bien connu des marcheurs et randonneurs de la région, traverse l'ancienne carrière de pierres calcaires des Aciéries Röchling, encore exploitée pendant l'après-guerre. En 1983, le terrain « Beruser Kalksteinbruch » a été classé site naturel protégé par le ministère de l'environnement de la Sarre. Les anciens se souviennent qu'à l'entrée de la carrière, sur la frontière, existait une barrière qui empêchait l'accès au site et dont il ne subsistait plus, actuellement, qu'un morceau de rail en fer d'un mètre, fiché verticalement dans le sol sur le bord du chemin.
À force de passer et de repasser devant ce morceau de fer, Engelbert Roth, membre du cercle des amis de Berviller-Berus, n'a eu de cesse de remettre en place une barrière sur la frontière, mais cette fois en position ouverte et solidement fixée pour qu'elle ne puisse être fermée. Il y a quelques jours, quelques amis des deux villages ont mis en place cette barrière symbolique. Celle-ci restera éternellement ouverte pour permettre aux amis des deux côtés de la frontière de se rencontrer librement et de faire grandir cette amitié.

Table et banc à la croix de Lorraine

Le site de la croix de Lorraine est devenu peu à peu un lieu de rencontre et un but de promenade. Situé sur le chemin de la frontière, au point culminant de celui-ci, on peut y admirer un superbe panorama sur la région et de nombreux promeneurs et marcheurs se plaisent à y goûter un moment de repos. Il manquait, en cet endroit, une table pour permettre a un groupe de pique-niquer dans de bonnes conditions. Depuis quelques jours, ce manque a été réparé. Les ouvriers du « Bauhof » de Überherrn ont installé, tout près de la croix et bien à l'ombre, une superbe table en pierres naturelles et l'association Arc-en-Ciel a offert le banc qui permettra de s'y attabler.

Vue sur la frontière (11a)

Vous vous trouvez ici à une altitude de 350 mètres, à environ 500 mètres de la frontière, sur la voie communale dite «Heiligenweg» menant de Berviller à Berus.

Vous pouvez apercevoir, de droite à gauche :

  • la ligne électrique" VIGY-UCHTELFANGEN ", autoroute européenne de l'énergie, qui peut véhiculer 2 x 400 000 volts de l'Allemagne vers la France, de la France vers l'Allemagne, ainsi que vers les pays du nord ou du sud de l'Europe.
  • les pylônes d'Europe 1 avec le poste émetteur classé
  • les deux pylônes de réserve
  • la forêt du Jungenwald et sa très belle régénération naturelle.

Vue sur la Lorraine (11)

A partir de ce lieu, vous pouvez contempler, de gauche à droite :

  • à l'horizon, le paysage vallonné et forestier typique ment lorrain,
  • FALCK, la forêt de la Houve et le "Langenberg", lieu de recueillement où la Madone veille sur ses fidèles,
  • le bourg de REMERING, posé comme un grand oiseau avec ses ailes déployées, son église au centre du village et sa grotte blottie contre la forêt de pins,
  • le mont de TROMBORN avec le château d'eau et le relais hertzien de téléphonie à longue distance,
  • le parc éolien de TETERCHEN,
  • le clocher de l'église de VILLING, l'ancien poste de douane, les annexes Trois-Maisons, Bedem et Gaweistroff,
  • l'église de LEIDING,
  • par beau temps, au loin, les tours de réfrigération et les vapeurs d'eau qui se dégagent de la centrale nucléaire de CATTENOM,
  • la grotte de BERVILLER-EN-MOSELLE
  • devant vous, les vergers de BERVILLER.

Il reste quelques poiriers que vous pouvez apercevoir pas loin d'ici. Leurs petites poires servaient, a l'époque, à faire du vinaigre, d'où le surnom des Bervillérois, " Essiglöcher - Trous de vinaigre ".

Le chalet du chemin

Avant de retrouver votre point de départ, vous avez l'occasion de vous désaltérer ou de manger au chalet du chemin.
Pour plus de renseignements cliquez sur le lien. -------------->
Le chalet du chemin